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Focus joueur : Gino Kokuvi

publié le 22 oct. 2012 à 02:09 par Marie   [ mis à jour : 22 oct. 2012 à 02:54 ]
Dna, Samedi le 20 Octobre 2012 :

"Un grand un peu trop petit"
Après un premier épisode ludovicien de la N1 à la Pro B il y a quelques années, Gino Kokuvi s'est absenté trois ans du côté de Sochaux avant de revenir à Saint-Louis il y a deux saisons. Le réceptionneur-attaquant est un pur produit alsacien.

Gino Kokuvi fait parler sa puissance en région frontalière.

Il ne s'est jamais considéré comme un « gros joueur ». Gino Kokuvi était pourtant l'un des meilleurs jeunes de sa génération.

Détecté à l'école primaire puis formé par Martin Panou à l'US Mulhouse, le jeune réceptionneur-attaquant se retrouve ensuite tout naturellement embarqué dans le circuit du haut niveau.

« Au début, le volley, c'était pour m'amuser. J'ai pris ma première licence avec les copains de ma classe. Je n'avais pas l'ambition d'en faire mon métier, explique Gino Kokuvi. Mais après, j'ai aussi vu dans le volley un moyen de voyager. »« Darek est le premier à m'avoir donnéma chance »

Il ne part au début pas très loin. Gino Kokuvi passe deux ans en pôle à Strasbourg avant de rejoindre le Centre national du volley-ball à Montpellier, pépinière de futurs champions et il se fait une place de cadre en équipe de France junior.

« Martin (Panou, son formateur), axait notre formation sur notre fond de jeu et notre réception, se souvient le Ludovicien. Cela a fait la différence dans ma sélection en équipe de France. Beaucoup de joueurs se montraient physiques et attaquaient fort mais peinaient en réception. »

Tous les ingrédients semblaient réunis pour que l'Alsacien passe professionnel... Ou presque. « J'ai envoyé mon CV dans plusieurs clubs, fait des essais à gauche à droite mais j'ai mal géré les propositions par manque d'expérience », souffle Gino Kokuvi.

Peut-être lui manquait-il aussi quelques centimètres pour que les portes de l'équipe de France restent ouvertes en senior... « Si j'avais mesuré 1,95m, j'aurais moins hésité aussi à en faire mon métier, » confie-t-il.

« Les petits joueurs peuvent compenser en étant très techniques et puissants mais dans le haut niveau, c'est quand même mieux d'avoir la taille appropriée. »

Gino revient en Alsace, du côté de Saint-Louis. « J'avais envie de revenir chez moi, explique-t-il. Darek (Blonski, l'actuel directeur sportif et à l'époque entraîneur) est le premier à m'avoir donné ma chance. Je suis arrivé au bon moment. Saint-Louis était en Nationale 1 et sortait d'une saison difficile mais derrière, nous avons fait une grosse saison. »Trois saisons à Sochaux pour « recharger les batteries »

Trois années en N1 et deux en Pro B, après cinq ans de bons et loyaux services, Gino Kokuvi fait alors le choix de s'éloigner du club alsacien pour rejoindre Sochaux qui évoluait alors en Nationale 2.

« J'ai vécu pas mal de choses avec Saint-Louis, les play-offs, deux saisons en Pro B même si nous tombions la deuxième... J'ai vraiment de beaux souvenirs avec eux mais à la fin de ces deux saisons de Pro B, j'étais vraiment très fatigué.

«Je souhaitais mettre un bémol à ma carrière. Sochaux me semblait le bon choix. Ils avaient pour ambition de monter en N1. Et une saison en N2 me permettait de recharger les batteries en jouant à un niveau moindre, on avait beaucoup plus de week-ends de libres. »

Au cours de ses années sochaliennes, l'ex-ludovicien revient une fois par an au Sportenum, cette salle qu'il connaît si bien. Quatre derbys en tout. « Nous avons en plus réussi à tous les gagner », souffle-t-il en souriant.

Trois ans à Sochaux, dont deux en Nationale 1 et Gino Kokuvi fait le choix de resigner à Saint-Louis il y a deux saisons. Une signature qui sonne comme un retour au bercail.

« Je suis revenu avec grand plaisir, glisse Gino Kokuvi. Je connaissais Matjaz(Urnaut, l'entraîneur-joueur) et Manu aussi (Kilo, le capitaine) avec qui j'avais évolué au CNVB. Le club avait pour ambition de remonter en N1. »

Une défaite, trois victoires... Les Ludoviciens semblent aujourd'hui bien installés en Nationale 1. « Nous ne sommes pas mal du tout, explique Gino Kokuvi.

«Si nous sommes épargnés par les blessures et que nous continuons à bien travailler, nous pouvons accrocher les play-offs. »

Mais si le club atteint à nouveau la Pro B, pas sûr que Gino Kokuvi puisse suivre, entre son boulot et sa vie de famille, l'équilibre risque d'être moins évident à trouver.Émilie Jafrate

PANOU AVAIT TOUT VU


Martin Panou, entraîneur adjoint de l'US Mulhouse a détecté Gino Kokuvi à l'école primaire. Un joueur dont il se souvient comme si c'était hier. Il raconte : « Gino a toujours tout fait à fond. Alors que la plupart des enfants faisaient une flexion du buste pour attraper la balle, lui se baissait le plus bas possible dans les jambes.»«« Il est très courageux »

Au début, je leur demande aussi de répéter les trois pas de course d'élan qu'on fait pour attaquer, que cela devienne un automatisme, dans la rue ou alors quand on va chercher un ballon en cours de sport... (Il rigole) Gino continuait à travailler à la maison eh bien il a fini par casser le lustre qu'il avait dans son couloir. C'était un accro du volley et il s'accrochait pour progresser. Son oncle m'a même offert la photo souvenir !

« C'est aussi un joueur très courageux. Il devait être benjamin ou minime, nous étions partis jouer à Saint-Louis mais le block était très mal placé et Gino s'est pris la balle en pleine tête. Je lui demande si ça va, il me dit que oui. Il rentre sur le terrain et la balle qui arrive est exactement la même que la précédente mais Gino ne s'est pas protégé, il n'a pas fui, il est allé la défendre ! Cela démontre un vrai caractère de sportif. »



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